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Makgeolli : la boisson de nos grands-parents devient la boisson préférée des jeunes Coréens

24 septembre 2026 par
Nicolas

Oubliez l'image de la gamelle en inox partagée à la campagne : à Séoul, le makgeolli se commande désormais en cocktail, dans des bars à mixologie et des pop-up éphémères qui affichent complet des semaines à l'avance. Pour la génération qui a grandi avec le soju et la bière industrielle, ce vin de riz trouble n'est plus la boisson d'appoint des grands-parents : c'est devenu l'un des marqueurs les plus tendance de la nouvelle scène festive coréenne, au même titre que le vin nature ou le kombucha ailleurs dans le monde.


Ce qui a changé, c'est l'objet lui-même. Les microbrasseries artisanales qui portent le renouveau du makgeolli ont troqué la bouteille en plastique et l'étiquette jaunie contre des canettes graphiques pensées pour Instagram, des séries limitées en édition saisonnière et des saveurs inédites (yuzu, fraise, thé vert, houblonné). Certaines collaborent avec des designers ou des marques de streetwear pour des éditions capsule qui se revendent en quelques heures. Le message envoyé aux vingtenaires coréens n'est plus « c'est la boisson de papy », mais « c'est un produit artisanal, local, imparfait et donc authentique » — exactement le registre qui a fait le succès du craft beer ou du vin nature en Occident.


Le makgeolli s'est aussi taillé une place sur les cartes de cocktails. Le classique « makgeolli-tini » (makgeolli, sirop de fruit, un trait d'agrume) est devenu un incontournable des bars branchés du quartier de Hongdae, aux côtés de versions pétillantes mélangées au soda ou à la bière façon somaek. Faible en alcool (autour de 6 à 8°), sucré-acidulé et peu coûteux au verre, il coche toutes les cases d'une génération qui boit moins mais veut plus d'histoire dans son verre : origine locale, petit producteur identifiable, méthode de fabrication qu'on peut raconter en story Instagram.


Reste une limite bien réelle : cette effervescence est presque entièrement domestique. Le makgeolli frais, vivant et fragile, voyage mal, et sa percée à l'export reste modeste comparée à celle du soju distillé, dont la stabilité a permis une diffusion mondiale. Nous avons détaillé ce paradoxe — star chez lui, quasi invisible ailleurs — dans un article dédié aux chiffres de l'export du makgeolli, pour qui veut aller plus loin sur le sujet.


Pour l'instant, ce sont surtout les touristes de passage à Séoul ou Busan qui rapportent chez eux cette culture du makgeolli en cocktail — un souvenir qu'on ne peut pas vraiment reproduire une fois rentré, faute de bouteille fraîche et vivante sous la main. C'est là que le soju, distillé et donc stable, prend le relais : même « fabriqué en France », il permet de retrouver le même esprit de convivialité coréenne, verre après verre, sans dépendre d'une chaîne du froid.


Pour (re)découvrir comment ce cousin distillé a réussi sa conquête du monde, retrouvez notre article sur les exportations du soju coréen, et retrouvez notre sélection de sojus sur la boutique SUDAL.

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