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Gastronomie coréenne et soju : pourquoi la France craque pour la K-Food en 2026

13 août 2026 par
Nicolas

La gastronomie coréenne n'en finit plus de gagner du terrain en France. Portée par la déferlante K-pop et K-drama depuis plusieurs années, elle s'impose désormais dans les assiettes comme dans les verres, avec un allié inattendu : le soju, l'alcool de riz devenu la boisson tendance d'une génération biberonnée aux séries coréennes. Retour sur les ressorts d'un engouement qui dépasse largement l'effet de mode.

Une vague culinaire qui ne faiblit pas

Le chiffre parle de lui-même : la France compte aujourd'hui plus de 280 restaurants coréens, contre une poignée seulement il y a dix ans. Paris concentre la majorité de l'offre, mais des villes comme Lille ou Nice voient elles aussi fleurir des adresses spécialisées, du barbecue coréen haut de gamme aux corndogs de rue. Selon les données NielsenIQ, les ventes de produits alimentaires coréens en grande distribution ont bondi de 25 % en seulement un an, un rythme de croissance rarement observé sur le marché de l'épicerie du monde.

Cette progression ne se limite plus aux grandes métropoles ni aux seuls amateurs de K-pop. Les enseignes d'épicerie coréenne type K-Mart essaiment, et les plats emblématiques — bibimbap, bulgogi, japchae, kimchi — sont désormais des habitués des cartes de restaurants qui n'ont rien de spécifiquement coréen. La cuisine coréenne est passée du statut de curiosité exotique à celui de composante durable du paysage gastronomique français.

Le soju, nouvel incontournable des soirées

Dans ce sillage, le soju connaît une popularité inédite en dehors de ses frontières d'origine. Cet alcool de riz, traditionnellement distillé à basse teneur en alcool, séduit une génération Z française qui découvre la boisson à travers les scènes de dégustation collective omniprésentes dans les dramas et les émissions coréennes — le format « Paik's Spirit », diffusé sur Netflix, en est un exemple révélateur, popularisant au passage le somaek, ce mélange convivial de soju et de bière.

Les marques ne s'y trompent pas : elles multiplient les déclinaisons aromatisées (pêche, citron, fraise) pour séduire un public jeune peu familier des alcools traditionnels, et investissent dans des partenariats avec des figures de la culture pop coréenne. Résultat, le soju quitte progressivement les rayons confidentiels des épiceries asiatiques pour s'installer dans les bars à cocktails et sur les cartes de restaurants coréens grand public. Les exportations mondiales de soju avaient déjà bondi de plus de 13 % il y a quelques années ; la dynamique ne s'est pas démentie depuis, portée par l'appétit croissant de marchés comme les États-Unis, l'Asie du Sud-Est et l'Europe.

La fermentation, colonne vertébrale du goût coréen

Ce qui distingue fondamentalement la cuisine coréenne de ses voisines asiatiques déjà bien installées en France, c'est sa relation particulière à la fermentation. Le gochujang (pâte de piment fermenté) et le gochugaru (poudre de piment) donnent aux plats leur caractère épicé si reconnaissable, tandis que le kimchi, fermenté plus ou moins longuement selon les recettes familiales, structure l'ensemble du repas.

Ce n'est pas un hasard si le K-Plus Festival 2026, qui se tient sur plusieurs jours et propose dégustations, ateliers et conférences, a choisi comme thématique cette année « gastronomie, fermentation, durabilité et santé ». La fermentation coréenne, longtemps perçue comme une simple technique de conservation, est aujourd'hui valorisée pour ses vertus nutritionnelles et sa complexité aromatique — un discours qui trouve un écho tout particulier auprès d'un public français de plus en plus attentif à l'origine et à la qualité de son alimentation.

Des chefs français sous influence coréenne

L'engouement ne se limite pas aux consommateurs : il touche aussi la scène gastronomique professionnelle. Le Guide Michelin a récemment consacré un article à l'influence grandissante de la Corée du Sud sur les cuisines de plusieurs chefs français, qui s'approprient des techniques comme les longues fermentations, les bouillons profonds ou la cuisson au feu vif propre au barbecue coréen. Du côté coréen, des figures comme le chef Mingoo Kang, distingué par un Chefs' Choice Award, incarnent une gastronomie qui revisite les classiques traditionnels avec créativité — une démarche qui parle directement aux chefs français en quête de nouvelles inspirations après des années de fascination pour le Japon.

Pourquoi cet engouement dure

Contrairement à d'autres tendances culinaires éphémères, la vague coréenne semble installée pour durer, portée par un écosystème complet : musique (K-pop), séries (Squid Game, dont le succès mondial sur Netflix a marqué les esprits), cinéma récompensé aux Oscars, et désormais gastronomie et boissons. Les réseaux sociaux, TikTok en tête, jouent un rôle d'accélérateur constant, avec des millions d'interactions autour de recettes coréennes filmées en format ASMR ou en tests de produits.

Pour les restaurateurs comme pour les amateurs de cuisine à la maison, la Corée du Sud continue donc d'offrir un territoire d'exploration culinaire encore loin d'être épuisé. Entre un verre de soju et un bol de bibimbap, l'appétit français pour la K-Food n'a visiblement pas fini de grandir.

La gastronomie coréenne séduit les chefs français : Paris passe à l'heure du K-food