La gastronomie coréenne n'a jamais eu autant la cote à Paris. Longtemps cantonnée à quelques adresses confidentielles, la cuisine coréenne s'impose désormais comme une véritable source d'inspiration pour les chefs français, qui multiplient les collaborations et les cartes métissées autour du kimchi, du bulgogi et des bouillons longuement mijotés.
Des chefs étoilés convertis à la Corée
Le phénomène ne relève plus de l'anecdote. À Paris, le restaurant Mojju, porté par le chef Thibault Sombardier (deux étoiles Michelin) associé au chef coréen Hosub Im, revisite les classiques du pays du Matin Calme avec une pointe de raffinement français, du kimchi acidulé au wagyu fondant. Non loin de là, dans le 6e arrondissement, Sétopa — littéralement « de Séoul à Paris » — propose une cuisine coréenne épurée imaginée par la cheffe Linda Lee aux côtés de deux figures majeures de la gastronomie sud-coréenne, Chang-ho Shin et Mingoo Kang.
Ce qui séduit les professionnels français dans la cuisine coréenne, ce sont ses produits fermentés au temps long, son barbecue au feu vif et ses textures contrastées, entre croustillant et fondant. Une identité culinaire assumée, à mille lieues des codes de la gastronomie française classique, qui explique en partie son pouvoir de fascination.
Un engouement porté par la vague culturelle coréenne
Cette percée gastronomique s'inscrit dans le sillage plus large de la Hallyu, la vague culturelle coréenne portée par la K-pop et les K-dramas. Résultat : le nombre de restaurants coréens a fortement progressé en France ces dernières années, avec près de 200 adresses recensées à Paris et une quatre-vingtaine en région, un chiffre en hausse constante depuis 2024.
Et le soju dans tout ça ?
Impossible d'évoquer cette vague sans mentionner le soju, l'alcool de riz emblématique de la Corée du Sud, aujourd'hui l'un des spiritueux les plus vendus au monde en volume. Dans les nouvelles adresses coréennes parisiennes, il s'invite en accord mets-boissons aux côtés du barbecue coréen, sous sa forme traditionnelle ou déclinée en versions aromatisées, portées par l'appétit des jeunes consommateurs pour les saveurs venues d'Asie.
Une tendance à suivre
Entre ouvertures de tables coréano-françaises et intérêt croissant du grand public, la gastronomie coréenne s'installe durablement dans le paysage culinaire français. De quoi donner envie de pousser la porte d'un restaurant coréen ou de tenter, chez soi, un bulgogi maison accompagné d'un verre de soju.